Garantie décennale et travaux : quels ouvrages sont concernés ?

Les travaux couverts

La garantie décennale couvre un large éventail de travaux de construction, dès lors qu'ils concernent un "ouvrage" au sens de la loi Spinetta. La notion d'ouvrage est interprétée de manière extensive par la jurisprudence. Elle englobe les constructions neuves (maisons individuelles, immeubles, bâtiments commerciaux), les extensions et surélévations, les rénovations lourdes et tout travail qui constitue un apport de matière à un bâtiment existant.

Les travaux de construction neuve sont intégralement couverts : fondations, élévation des murs, réalisation de la charpente et de la toiture, installation de la plomberie et de l'électricité, pose des menuiseries, réalisation des sols et des revêtements. Chaque corps de métier intervenant sur le chantier est responsable au titre de la décennale pour les travaux qu'il réalise.

Les travaux de rénovation et de transformation sont également couverts lorsqu'ils touchent à la structure du bâtiment ou à des éléments essentiels à son utilisation. L'ouverture d'un mur porteur, la réfection complète de la toiture, le remplacement de l'installation électrique, la création d'une salle de bain ou le changement du système de chauffage central sont autant de travaux entrant dans le champ de la garantie.

Les ouvrages de viabilité (réseaux d'assainissement, alimentation en eau, voirie) et les ouvrages d'infrastructure (ponts, tunnels, ouvrages d'art) sont aussi concernés. Les piscines enterrées ou semi-enterrées, considérées comme des ouvrages de construction, relèvent de la décennale, ce qui explique l'obligation d'assurance pour les piscinistes.

Enfin, l'installation de panneaux photovoltaïques intégrés au bâti (en toiture ou en façade) entre dans le périmètre de la décennale, car ces installations deviennent des éléments indissociables de l'ouvrage. Les panneaux simplement posés sur châssis au sol, en revanche, ne relèvent pas de la même qualification.

Les travaux exclus

Tous les travaux réalisés sur un bâtiment ne relèvent pas de la garantie décennale. Les travaux d'entretien courant sont exclus. Un simple coup de peinture, le remplacement d'un robinet, le nettoyage d'une gouttière ou le remplacement d'une ampoule ne constituent pas des ouvrages de construction et ne sont pas couverts par la décennale.

Les éléments d'équipement dissociables relèvent de la garantie biennale de bon fonctionnement (deux ans après réception) et non de la décennale. Sont considérés comme dissociables les équipements qui peuvent être démontés, remplacés ou réparés sans détériorer l'ouvrage : chaudière murale, ballon d'eau chaude, volets roulants motorisés, radiateurs, interphone, portes intérieures.

Les travaux de jardinage et d'aménagement extérieur ne sont généralement pas couverts par la décennale, sauf s'ils impliquent la construction d'un ouvrage (mur de soutènement, terrasse surélevée, ouvrage de drainage). La simple plantation de végétaux, la pose de clôtures légères ou l'installation d'un abri de jardin non fixé au sol ne relèvent pas de la garantie.

Les désordres d'origine extérieure sont également exclus. Si un dommage est causé par un événement naturel (tempête, inondation, tremblement de terre), par un vice du terrain non décelable ou par un acte de vandalisme, la garantie décennale ne s'applique pas. Le constructeur ne peut être tenu responsable que des dommages résultant de ses propres travaux.

Il convient de noter que la frontière entre travaux couverts et exclus n'est pas toujours nette. La jurisprudence évolue régulièrement et de nombreux litiges portent sur la qualification des travaux. En cas de doute, la consultation d'un professionnel du droit de la construction peut s'avérer utile pour déterminer le régime applicable à une situation particulière.

Les ouvrages de solidité

La garantie décennale protège en priorité les ouvrages dont les dommages compromettent la solidité du bâtiment. Cette notion de "solidité" s'entend au sens large et englobe tout ce qui contribue à la stabilité et à la pérennité de la construction. La jurisprudence a progressivement précisé les contours de cette notion à travers des décisions régulières.

Les fondations constituent le premier niveau de solidité. Un affaissement de fondations, un tassement différentiel ou une mauvaise adaptation au sol peut entraîner des fissures dans l'ensemble du bâtiment, voire son effondrement partiel. Les travaux de fondation sont donc au coeur de la garantie décennale, et les maçons spécialisés dans ce domaine portent une responsabilité particulièrement lourde.

Les murs porteurs et la structure forment le squelette du bâtiment. Qu'ils soient en béton armé, en parpaing, en brique ou en bois, tout désordre affectant leur capacité à supporter les charges constitue un dommage décennal. Les fissures traversantes, les déformations, les infiltrations par les murs ou le décollement d'un enduit de façade sur une surface importante sont des exemples de sinistres décennaux liés à la structure.

La charpente et la toiture assurent la protection du bâtiment contre les intempéries. Un vice de conception ou de réalisation de la charpente (sous-dimensionnement des poutres, assemblages défectueux), un défaut d'étanchéité de la toiture ou un problème de ventilation sous couverture peuvent engager la responsabilité décennale des charpentiers et couvreurs concernés.

Les planchers et dalles sont également des ouvrages de solidité. Un plancher qui fléchit excessivement, une dalle qui se fissure ou un vide sanitaire qui s'affaisse compromettent la solidité de l'ensemble du bâtiment. Ces désordres relèvent pleinement de la garantie décennale et nécessitent souvent des reprises en sous-oeuvre coûteuses.

Comment savoir si vos travaux sont couverts

Pour déterminer si vos travaux relèvent de la garantie décennale, posez-vous deux questions fondamentales issues de l'article 1792 du Code civil. Premièrement : les travaux concernent-ils un ouvrage de construction ? Si vous construisez, rénovez ou transformez un bâtiment (ou un élément assimilé comme une piscine, un ouvrage de viabilité), la réponse est probablement oui. Des travaux d'entretien simple ou de décoration n'entrent pas dans cette catégorie.

Deuxièmement : un dommage résultant de ces travaux pourrait-il compromettre la solidité de l'ouvrage ou le rendre impropre à sa destination ? Si vos travaux touchent à la structure (fondations, murs porteurs, toiture), la réponse est clairement oui. Si vos travaux concernent des éléments techniques essentiels (plomberie, électricité, chauffage, isolation), un dysfonctionnement majeur pourrait rendre le bâtiment impropre à son usage normal.

Consultez votre attestation d'assurance décennale pour vérifier que les activités déclarées correspondent aux travaux que vous réalisez. Si votre attestation mentionne "maçonnerie générale" et que vous réalisez des travaux d'électricité, votre décennale ne couvre pas cette activité. Chaque activité exercée doit être explicitement déclarée et couverte.

En cas de doute, consultez votre assureur ou votre courtier. Décrivez précisément la nature des travaux envisagés et demandez une confirmation écrite de la couverture. En cas de sinistre, c'est l'activité effectivement exercée (et non celle déclarée) qui sera prise en compte. Si l'activité n'est pas couverte, l'assureur pourra refuser la prise en charge.

Pour les maîtres d'ouvrage, la vérification est tout aussi importante. Avant de confier des travaux, demandez à chaque entreprise intervenante son attestation décennale et vérifiez que les activités mentionnées correspondent bien aux travaux prévus. En cas de sous-traitance, exigez également l'attestation du sous-traitant. Cette diligence vous protège en cas de sinistre et démontre votre bonne foi si un litige survient. Pour trouver une assurance décennale adaptée à vos activités, vous pouvez comparer les offres en ligne.

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Nous répondons à vos questions

La garantie décennale couvre-t-elle la pose d'une cuisine équipée ?
En principe, non. La pose d'une cuisine équipée relève de l'installation d'éléments d'équipement dissociables, couverts par la garantie biennale de bon fonctionnement (2 ans). Cependant, si la pose implique des travaux encastrés (plomberie encastrée, électricité intégrée aux murs) et que ces travaux provoquent des désordres rendant la pièce impropre à son usage, la garantie décennale pourrait s'appliquer à ces éléments indissociables.
Les travaux de ravalement de façade sont-ils couverts par la décennale ?
Un simple ravalement esthétique (peinture, nettoyage) n'est généralement pas couvert par la décennale. En revanche, un ravalement impliquant des travaux d'étanchéité, de reprise de fissures structurelles ou d'isolation thermique par l'extérieur (ITE) entre dans le champ de la garantie décennale, car ces travaux affectent la solidité ou la destination de l'ouvrage.
La garantie décennale s'applique-t-elle aux travaux réalisés par un particulier ?
Non, la garantie décennale concerne uniquement les professionnels de la construction. Un particulier qui réalise lui-même des travaux sur sa propre maison n'est pas soumis à l'obligation d'assurance décennale. En revanche, s'il revend le bien dans les dix ans suivant les travaux et qu'un désordre apparaît, sa responsabilité de vendeur peut être engagée au titre des vices cachés.
Les travaux sur un bâtiment existant sont-ils soumis à la décennale ?
Oui, la garantie décennale s'applique aussi bien aux constructions neuves qu'aux travaux sur des bâtiments existants, dès lors qu'ils constituent un ouvrage au sens de la loi. Une extension, une surélévation, une rénovation lourde touchant la structure ou les équipements indissociables sont couvertes. La clé est de déterminer si les travaux créent ou modifient un ouvrage de construction.

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