Les principales cybermenaces
Les cybermenaces qui pèsent sur les entreprises sont de plus en plus diversifiées et sophistiquées. Le ransomware (rançongiciel) est aujourd'hui la menace la plus redoutée. Ce logiciel malveillant chiffre les données de l'entreprise et exige le paiement d'une rançon en cryptomonnaie pour les déverrouiller. Selon l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information), les attaques par ransomware ont fortement augmenté ces dernières années, touchant des entreprises de toutes tailles.
Le phishing (hameçonnage) reste le vecteur d'attaque le plus fréquent. Il s'agit de messages frauduleux (emails, SMS, appels) imitant des communications légitimes pour inciter les destinataires à divulguer des informations sensibles (identifiants, mots de passe, coordonnées bancaires) ou à cliquer sur des liens malveillants. Les campagnes de phishing ciblé (spear phishing) visent spécifiquement les dirigeants et les collaborateurs ayant accès aux systèmes financiers de l'entreprise.
La fraude au président (ou arnaque au faux ordre de virement) est une forme de social engineering particulièrement coûteuse. Le fraudeur se fait passer pour le dirigeant de l'entreprise et ordonne un virement urgent et confidentiel à un collaborateur du service comptable. Les montants détournés peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros en une seule opération.
Les violations de données (data breach) constituent une menace majeure, en particulier depuis l'entrée en vigueur du RGPD. Qu'elles résultent d'un piratage, d'une erreur humaine ou d'un vol de matériel, les fuites de données personnelles exposent l'entreprise à des sanctions réglementaires (amendes CNIL), à des poursuites judiciaires des personnes concernées et à des dommages réputationnels considérables.
Les attaques par déni de service (DDoS) visent à rendre indisponible un site web ou un service en ligne en le submergeant de requêtes. Pour les entreprises dont l'activité repose sur le numérique (e-commerce, SaaS, services en ligne), une indisponibilité de quelques heures peut entraîner des pertes de chiffre d'affaires significatives et une atteinte à la confiance des clients.
Les garanties d'une assurance cyber
L'assurance cyber offre un ensemble de garanties conçues pour couvrir les différentes dimensions d'un sinistre informatique. La première famille de garanties concerne la gestion de crise. Dès la survenance d'un incident, l'assureur met à disposition une hotline disponible 24h/24 et mobilise une équipe d'experts : spécialistes en cybersécurité pour analyser et contenir l'attaque, juristes spécialisés en droit du numérique, consultants en communication de crise.
La prise en charge des frais de remédiation constitue le coeur de la couverture. L'assurance finance les coûts techniques liés à l'incident : expertise forensique (investigation numérique pour identifier l'origine et l'étendue de l'attaque), restauration des systèmes et des données, renforcement de la sécurité informatique, remplacement du matériel compromis et frais de reconstitution des données perdues.
La couverture des pertes d'exploitation indemnise la perte de chiffre d'affaires résultant de l'interruption ou du ralentissement de l'activité causé par l'incident cyber. Pour une entreprise dont les systèmes informatiques sont au coeur de l'activité, une indisponibilité même de quelques jours peut générer des pertes financières importantes. L'assurance compense le manque à gagner pendant la durée de l'incident et de la remise en service.
La responsabilité civile cyber couvre les réclamations de tiers résultant de l'incident. Si une violation de données expose les informations personnelles de vos clients, ceux-ci peuvent vous réclamer des dommages et intérêts. Si votre système compromis a servi de relais pour attaquer d'autres entreprises, leur préjudice peut vous être imputé. L'assurance prend en charge les frais de défense et les indemnisations dues aux tiers.
Enfin, certains contrats incluent la prise en charge des frais de notification RGPD. En cas de violation de données personnelles, le RGPD impose de notifier la CNIL sous 72 heures et, dans certains cas, d'informer individuellement les personnes concernées. Les frais liés à ces notifications (prestataires spécialisés, centre d'appels, courriers) peuvent être considérables pour une violation touchant des milliers de personnes.
Les entreprises concernées
Toutes les entreprises utilisant des outils numériques sont potentiellement exposées aux cyber risques, quels que soient leur taille et leur secteur d'activité. Cependant, certaines entreprises sont plus vulnérables ou plus ciblées que d'autres, en raison de la nature de leurs données ou de leur dépendance aux systèmes informatiques.
Les entreprises du numérique (ESN, éditeurs de logiciels, startups tech, agences web) sont en première ligne. Leur coeur de métier repose sur des systèmes informatiques, et une faille de sécurité peut avoir des conséquences à la fois sur leur propre activité et sur celle de leurs clients. La RC Pro informatique couvre les dommages causés aux clients, mais l'assurance cyber complète cette couverture pour les dommages propres et la gestion de crise.
Les professionnels de santé et les établissements médicaux manipulent des données de santé particulièrement sensibles, soumises à une réglementation renforcée. Les hôpitaux et cliniques ont été des cibles privilégiées des ransomwares ces dernières années. Une violation de données de santé expose à des sanctions CNIL aggravées et à des préjudices graves pour les patients.
Les cabinets d'avocats, d'experts-comptables et de conseil détiennent des informations confidentielles sur leurs clients (données financières, stratégies d'entreprise, contentieux). Une fuite de ces données constitue non seulement un risque cyber mais aussi une violation du secret professionnel, aux conséquences déontologiques et juridiques graves.
Les TPE et PME sont paradoxalement les plus vulnérables, car elles disposent souvent de moyens limités en cybersécurité tout en représentant une cible facile pour les attaquants. Selon les études sectorielles, une proportion significative des cyberattaques cible les petites et moyennes entreprises, qui n'ont pas toujours les ressources pour se relever d'un incident majeur. L'assurance cyber constitue pour elles un filet de sécurité essentiel.
Comment réagir en cas de cyberattaque
La rapidité et la méthode de réaction en cas de cyberattaque sont déterminantes pour limiter les dégâts. La première action est de contacter immédiatement votre assureur via la hotline de gestion de crise prévue dans votre contrat. Les assureurs cyber disposent d'équipes d'intervention disponibles 24h/24, capables de mobiliser les experts nécessaires dans les heures qui suivent la déclaration du sinistre.
En parallèle, isolez les systèmes compromis pour empêcher la propagation de l'attaque. Déconnectez les machines infectées du réseau, mais ne les éteignez pas (les données en mémoire vive peuvent être utiles pour l'investigation). Si votre infrastructure le permet, activez votre plan de continuité d'activité (PCA) pour maintenir un service minimal pendant la crise.
Ne payez pas de rançon sans consultation préalable de votre assureur et des autorités. Le paiement de la rançon ne garantit pas la récupération des données et encourage les cybercriminels. Depuis la loi LOPMI de 2023, le remboursement de la rançon par l'assureur est conditionné au dépôt d'une plainte dans les 72 heures suivant la connaissance de l'attaque. Déposez plainte auprès des services de police ou de gendarmerie spécialisés en cybercriminalité.
Si l'attaque implique une violation de données personnelles, vous devez notifier la CNIL dans un délai de 72 heures, conformément au RGPD (article 33). Si la violation est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les personnes concernées, vous devez également les en informer individuellement (article 34). Votre assureur cyber peut vous accompagner dans ces démarches de notification et mettre à disposition des prestataires spécialisés.
Enfin, une fois la crise résolue, procédez à un retour d'expérience approfondi. Identifiez les failles qui ont permis l'attaque, renforcez vos mesures de sécurité et mettez à jour vos procédures. L'assurance cyber finance généralement les mesures de remédiation post-incident, y compris les audits de sécurité et les formations de sensibilisation des collaborateurs. Votre prochaine étape pourrait être de demander un devis pour couvrir votre entreprise contre ces risques numériques.
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